BCE  Apprendre de ses erreurs…

BANQUES CENTRALES

 

08.06.17 - BCE : Apprendre de ses erreurs

 

 

 

 

 

 

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Les premières phrases du communiqué publiées par la BCE pouvaient surprendre : les éléments de langage ont visiblement, contrairement aux taux directeurs et à la politique d’achat de titres, échappé au statu quo. Formel, d’après le président de la Banque Centrale Européenne, le communiqué n’a pourtant laissé personne insensible à la suppression du biais accommodant sur la trajectoire future des taux d’intérêt directeurs ainsi qu'au changement d’appréciation sur les risques.

 

"The Governing Council expects the key ECB interest rates to remain at their present levels [or lower] for an extended period of time, and well past the horizon of the net asset purchases."

 

"We consider that the risks to the growth outlook are now broadly balanced."

 

Ce changement est-il important ? Pas vraiment. Les précédentes conférences de presse laissaient déjà à penser que le seuil inférieur sur les taux directeurs avait été atteint, aussi bien sur le taux de la facilité de dépôt (à - 40 points de base) que sur le taux principal de refinancement (actuellement fixé à zéro). Ensuite, si l’on s’en tient au contenu du discours de Mario Draghi de cet après midi, on observe et souligne une nouvelle fois que sa volonté d’enterrer les rumeurs croissantes sur une possible modification de son programme d’achats (EAPP) a été réitérée et, finalement, bien reçue.

 

Bien que les mérites du Quantitative Easing soient une nouvelle fois énumérés avec fierté (notamment sur les bons chiffres du PMI – indicateur avancé de l’activité économique – à ses plus hauts niveaux depuis l’année 2011, ou encore la situation globale sur les conditions de prêts aux ménages et aux entreprises), les observations soulevées par M. Draghi concernant la situation économique au sein de la zone euro suscite la prudence et la patience, en particulier sur le front de l’inflation (objectif premier et central de la BCE) qui demeure encore superficielle compte tenu de sa forte sensibilité aux effets de base purement techniques et transitoires.

 

Par ailleurs, les prévisions d’inflation publiées au mois de mars, qui avaient accompagné un discours exceptionnellement optimiste, ont été pour l’ensemble revues à la baisse, notamment celles de 2017, passant de 1,7 % l’an à 1,5 % tandis que la totalité des prévisions de mars ont été revues en hausse de 0,1 point pour les chiffres de la croissance économique.

 

Au final, une allocution prudente voire neutre comparée à celle du 27 avril. On regrettera l’absence de focalisation sur les préoccupations d’ordre technique comme la clé de capital ou la limite d’emprise par souche, où les contraintes actuelles ont récemment posé le problème de la rareté des titres sur le marché obligataire allemand : les achats nets mensuels avaient effectivement été très inférieures à la moyenne des six derniers mois (passant de 16,977 milliards d'euros à la fin du mois de mars à 11,919 milliards d’euros au 31 mai 2017.

 

Alors que l’on imaginait un contexte où l’inflation pourrait être soutenable, il faut dire que la durabilité de cette dernière est encore loin d’être acquise, le curseur est aujourd’hui placé sur la prudence et la patience avant une quelconque action qui irait dans le sens d’une normalisation, une action plausible et compréhensible lorsque l’on ne souhaite pas reproduire les erreurs passées …

 

Zohra Oualid

@Zohra_1992

 

 

 

 

 

Zohra Oualid

 

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