Banque Centrale Européenne, avancer à reculons

BANQUES CENTRALES

 

05.10.16 - Banque centrale européenne: avancer à reculons ?

 

 

 

 

 

 

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Ce billet vient essentiellement en réaction à ce que l’on a pu lire récemment au sujet de la BCE. Si Mario Draghi avait éloigné lors de sa dernière allocution une accentuation de son programme d’achat d’actifs, c’était semble-t-il pour continuer d’évaluer les effets des mesures optées le 10 mars 2016.

 

Pourtant, ces propositions semblent déjà avoir fait parler d’elles quelques mois après leur lancement effectif : comment parvenir à atteindre la cible d’achat de 80 milliards d’euros mensuel ? Plusieurs propositions ont suivi pour répondre à cette problématique :

 

  • Diversifier : il aurait été question d’inclure des trackers (ou ETF), fonds indiciels cotés en bourse qui répliquent la performance des indices boursiers (type CAC 40, DAX, etc.) ;
  • L’achat de titres bancaires ou d’actions, sur le modèle de la Banque du Japon ;
  • Briser le seuil d’achat des titres au-dessus de la facilité de dépôt (actuellement fixée à -40 points de base) ;
  • Retirer la clé de capital sur lequel est basé le montant d’achat de titres par pays éligible ;
  • Elargir davantage la clause d’emprise maximale par souche (actuellement fixée à 30%).

 

Ces options qui allaient dans le sens d’une extension, n’ont pas l’air d’avoir séduit les membres de la BCE. Un vent contraire a visiblement pris de court les marchés obligataires et les devises mardi soir en mettant en lumière une possibilité de « Tapering », qui s’assimile à un ralentissement du rythme d’achat mensuel d’actifs par une banque centrale, conformément à ce qu’avait fait la FED dès 2013.

 

Des membres de la BCE auraient donc mis en avant une diminution du rythme d’achat de 10 milliards d’euros par mois. Cette rumeur, bien qu’elle provienne d’officiels de l’institution monétaire, n’est pas inintéressante en soi. Evidemment, le contexte inflationniste en zone euro (hors pétrole) ne permet pas encore le moindre freinage (inflation Core : 0,8% YoY vs. headline : 0,4% YoY) et la situation macroéconomique reste toujours très mitigée selon les pays considérés.

 

Une telle mesure pourrait au passage, si elle devait être mise en application avant le mois de mars 2017, régler quelques problèmes techniques :

 

  • A défaut de s’entêter à remplir la cible des 80 milliards par mois, revenir sur un rythme de 60 milliards ;
  • Rehausser le niveau général des taux d’intérêt en zone euro, voire les stabiliser ;
  • Rendre éligible une quantité d’actifs plus conséquente (60% des titres allemands de maturité comprise entre 2 et 7 ans ne sont actuellement plus éligibles au QE)
  • Cela n’exclurait pas un prolongement du Quantitative Easing au-delà de mars 2017

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Toutefois, une mesure de ce type doit prendre en compte les évolutions en matière d’anticipations d’inflation, qui demeurent encore très anémiques. Mais les problématiques d’ordre techniques doivent également être prises en considération, notamment dans un marché de plus en plus asséché, où des ajustements seraient assurément les bienvenus.

 

 

 

Zohra Oualid

@Zohra_1992

 

 

 

 

 

 

Zohra Oualid

 

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