Une économie américaine plus vulnérable

CONJONCTURE

 

02.05.16 - Une économie américaine plus vulnérable? (Avec Adrian Raymond)

 

- Mes contributions n'engagent que moi et ne reflètent pas

les opinions de la société Riches Flores Research -

 

Peu après la publication du dernier FOMC par la Federal Reserve, la parution des chiffres de la croissance américaine est venue confirmer cette nécessité de prudence et de patience face à une reprise à première vue bien amorcée aux États-Unis. Alors que la consommation des ménages américains constitue toujours un poids significatif dans la mesure de la croissance de l'activité économique, il semblerait que, malgré une confiance du consommateur plutôt encourageante et une baisse du cours du pétrole prononcée en début d'année, la frilosité soit en train de prendre le relais progressivement outre-Atlantique.

 

Plus généralement, à en lire les composantes du PIB publié par le Bureau of Economic Analysis (BEA), le secteur de l'investissement (notamment en équipement et structure) est resté fortement pénalisé, tout comme les stocks et les exportations qui ont contribué négativement, principalement pénalisé par un contexte où la demande internationale reste atone et un dollar américain qui a connu une petite période d'appréciation.

 

La FED, étant data dépendant et devant par conséquent prendre en compte tous ces facteurs, a déclaré que l'activité telle qu'elle évolue aujourd'hui ne peut à l'heure actuelle permettre qu'une hausse très progressive de son principal taux d'intérêt directeur, qui rappelons-le se situe entre 0,25 et 0,5%.

 

La banque centrale semble avoir pris en compte la fragilité de son économie en excluant (temporairement) l’impact des risques exogènes et en insistant davantage sur l’évolution de l’activité interne. C’est un fait que la reprise économique que vivent les Etats-Unis depuis le deuxième trimestre de 2009 s’effectue de manière beaucoup plus lente que celles connues ces dernières huit décennies. La crise des dettes en zone euro, le ralentissement économique en Chine et la faiblesse généralisée des économies émergentes ont certainement eu un impact négatif sur l’économie américaine. Mais en même temps, cette dernière a su résister plutôt bien aux vents contraires alors que d’autres régions ont connu des contractions d’activité conséquentes.

 

D’après les derniers chiffres publiés par le Bureau of Economic Analysis (BEA) la semaine dernière, l’activité économique aux Etats-Unis reste de 2 % en dessous de son potentiel, qui est estimé par le Congressional Budget Office (CBO). Cet écart, que les économistes suivent pour jauger la sous-utilisation des ressources dans l’économie, se réduit petit à petit depuis 2009. Pourtant, il grimpe légèrement depuis l’été dernier avec le ralentissement économique observé sur les trois trimestres précédents.

 

Le CBO table toujours sur une poursuite de la reprise économique avec une convergence de la croissance du Produit intérieur brut vers les 2 % en 2019. Inutile de dire que 0,5 % de croissance déçoit, et une prolongation de cette sous-performance pourrait à terme pousser les agents économiques à revoir leurs attentes en matière non seulement de croissance mais aussi d’inflation.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Graphique préparé par Adrian Raymond

 

 

Zohra Oualid

 

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